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Marteau de Thor : Mjöllnir dans les mythes et les pendentifs vikings

Le marteau de Thor s’appelle Mjöllnir. Les textes le décrivent comme une arme à manche court qui revient dans la main du dieu et qui sert aussi à bénir. Les objets, eux, montrent de nombreux petits marteaux portés autour du cou à l’âge des Vikings, du VIIIe au XIe siècle. Cette page prend d’abord les textes, puis les objets, et dit à chaque fois ce qui est attesté et ce qui est supposé.

Mjöllnir dans les Eddas

Deux livres portent le nom d’Edda. L’Edda de Snorri est un manuel de poésie et de mythes en prose, écrit par l’Islandais Snorri Sturluson au XIIIe siècle. L’Edda poétique rassemble des poèmes anonymes. Les deux sont rédigés quelques siècles après la conversion des royaumes scandinaves au christianisme.

Mjöllnir est un marteau de guerre à manche court. Quand Thor le lance, il revient toujours dans sa main, et il fait jaillir les éclairs. Pour le tenir, le dieu enfile des gants de fer, les Járngreipr. À sa taille, une ceinture de force, la Megingjörð, ajoute encore à sa puissance. Le marteau sert d’abord contre les géants, dont Thor est l’ennemi déclaré.

Il a aussi un autre usage. Dans la Gylfaginning, la première partie de son Edda, Snorri raconte que Thor fait rôtir ses deux boucs quand il a faim. Il bénit ensuite peaux et ossements avec Mjöllnir, et les bêtes se relèvent. Les os ne doivent pas avoir été brisés.

Le Skáldskaparmál, la partie de l’Edda de Snorri consacrée à la poésie, donne au chapitre 11 la liste des kennings de Thor. Un kenning est une périphrase par laquelle les poètes scandinaves remplacent un nom, comme « fils d’Odin et de Jörd » pour désigner Thor. L’un d’eux dit :

Forgé par des nains

Snorri raconte aussi l’origine du marteau, dans le Skáldskaparmál. Loki avait coupé les cheveux de Sif, l’épouse de Thor, et il avait promis de réparer. Il s’adresse alors à des nains forgerons, Brokkr et Eitri. Ceux-ci fabriquent plusieurs trésors, dont Mjöllnir.

Loki, qui a parié sa tête que les nains échoueraient, se change en mouche et pique Brokkr pendant qu’il actionne le soufflet. Le travail en souffre, et le manche du marteau reste trop court. Les dieux jugent pourtant Mjöllnir le meilleur des trésors, car il les protège des géants.

Volé par un géant : la Þrymskviða

La Þrymskviða, un poème de l’Edda poétique, raconte l’épisode le plus célèbre. Thor se réveille et son marteau a disparu. Loki emprunte à Freyja son manteau de plumes, vole jusqu’au pays des géants et y trouve Thrym. Le géant avoue qu’il a enfoui Mjöllnir très profond sous la terre. Il ne le rendra que contre Freyja pour épouse, et la déesse refuse avec fureur.

Les dieux imaginent alors de déguiser Thor en mariée, voile compris, avec Loki en servante. Au festin, la fausse mariée avale un bœuf et huit saumons. Thrym s’en étonne, et Loki invente une excuse. Pour consacrer l’union, les géants apportent le marteau et le posent sur les genoux de la mariée. Thor le saisit, rit, et massacre Thrym et son entourage.

Du récit à la poitrine : les pendentifs

Le pendentif en marteau est un objet porté, en argent, en bronze ou en fer, qui figure Mjöllnir en miniature. Il devient très répandu à l’âge des Vikings. Aucun texte ancien ne dit à quoi il servait, et les spécialistes avancent donc des hypothèses.

Les noms de personnes contenant celui du dieu connaissent la même soudaine faveur. Ils apparaissent en grand nombre à cette époque, alors qu’on n’en connaît aucun avant. Des historiens y voient, comme pour le pendentif, une réponse à la christianisation de la Scandinavie, la conversion progressive des royaumes du Nord. Porter le marteau ou donner à son enfant un nom formé sur celui de Thor aurait été une façon d’affirmer son attachement aux anciens dieux. Cela reste une supposition.

Une autre piste vient du mythe. D’après les spécialistes, le marteau est l’instrument par lequel Thor consacre la solennité d’une assemblée ou d’un rite. Le geste de la Þrymskviða, où le marteau est posé sur la mariée, va dans ce sens. C’est sans doute pour cette raison que des inscriptions runiques se terminent par la formule « que Thor consacre ces runes ». Dans cette lecture, le pendentif rappellerait une bénédiction autant qu’il servirait de parure.

Attesté ou inventé ?

Les Eddas attestent un marteau à manche court, des gants, une ceinture, un vol et une bénédiction. Les savants supposent un lien entre les pendentifs et la christianisation, ainsi qu’une valeur de consécration.

Une règle est moderne : seul un porteur « digne » pourrait soulever le marteau. Elle vient des comics Marvel, où Thor apparaît en août 1962, et aucun texte ancien ne la contient.

Pour aller plus loin, la page sur Thor détaille le dieu lui-même, celle sur le tatouage viking examine les motifs que l’on se fait graver, et le Ragnarök, la fin du monde dans les mythes nordiques, raconte le sort du marteau à la fin des temps.

Questions fréquentes

Qui peut prendre le marteau de Thor d’après les textes anciens ?

Dans la Þrymskviða, le géant Thrym parvient à le dérober pendant que Thor ne le surveille pas. Le dieu le reprend dès que les géants le lui rendent, au festin. Aucun texte ancien ne parle d’une dignité nécessaire pour le soulever.

Le marteau porté à l’âge des Vikings était-il un symbole opposé à la croix ?

C’est l’hypothèse d’une partie des historiens, mais rien ne la démontre. Aucun texte ancien n’explique l’usage du pendentif.

Mise à jour le 18 octobre 2026. Qui est Maël ?