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Thor mythologie : dieu du tonnerre, mythes, marteau et culte

Thor est le dieu du tonnerre dans la mythologie nordique. Il est le fils d’Odin et de la Terre, l’époux de la déesse Sif, et le protecteur de Midgard, le monde des humains, face aux géants (les Jötnar). Ses aventures sont racontées dans les Eddas, deux ouvrages islandais mis par écrit au XIIIe siècle. L’Edda poétique est un recueil de poèmes, dont certains sont probablement plus anciens que les manuscrits conservés. L’Edda de Snorri Sturluson est un manuel de poésie en prose. Le culte de Thor laisse en revanche des traces bien plus anciennes, que cette page sépare des mythes.

Un nom que tout le monde germanique comprenait

Þórr est le mot norrois pour le tonnerre, issu d’un plus ancien þónr. En vieil anglais, le dieu s’appelle Þunor. En vieux haut allemand, il devient Donar, et en vieux saxon Thunar. Les linguistes font descendre toutes ces formes d’un mot germanique commun, reconstruit *þunraz, qui voulait dire « tonnerre ». En runes, son nom s’écrit ᚦᚢᚱ (þur).

Les jours de la semaine en gardent la trace. Les Romains disaient Jovis dies, « jour de Jupiter », pour le jeudi. Les peuples germaniques ont repris ce calendrier en remplaçant Jupiter par leur dieu du tonnerre. Þunresdæg, « jour de Þunor », a donné Thursday, et Donarestag a donné Donnerstag. Ce sont des calques, c’est-à-dire des traductions mot à mot. Le français jeudi reste fidèle à Jupiter.

Une famille, une maison de 540 pièces

Thor appartient aux Ases, l’une des deux familles divines, dont Odin est le chef. Sa mère est Jörd, la Terre. Sa femme, Sif, a les cheveux d’or, et leurs enfants sont Módi et Thrúd. Avec la géante Járnsaxa, il a un fils, Magni. Ull, fils de Sif, est son beau-fils, et les textes conservés ne nomment pas son père.

Il vit à Bilskirnir (« Éclat scintillant »), dans le « Séjour de la force » (Þrúðheimr). D’après la Grímnismál, un poème de l’Edda poétique, la maison compte 540 pièces.

Au chapitre 11 du Skáldskaparmál, la partie de l’Edda de Snorri qui enseigne le langage des poètes, Snorri donne les kennings de Thor. Un kenning est une périphrase qui remplace un nom, comme « mari de Sif » pour Thor.

« Fils d’Odin et de Jörd, Père de Magni et Módi et Thrúdr, Mari de Sif, Beau-Père d’Ullr, Manieur et Propriétaire de Mjöllnir et de la Ceinture de Force, et de Bilskirnir, Protecteur d’Ásgard et de Midgard, Adversaire et mort des Géants et Femmes-Trolls, Bourreau de Hrungnir, de Geirrödr et de Thrívaldi, Maître de Thjálfi et Röskva, Ennemi du Serpent de Midgard, Fils adoptif de Vingnir et Hlóra. »

Snorri Sturluson, Edda, Skáldskaparmál, chapitre 11

Le dieu y est défini par sa famille et par ses ennemis.

Deux boucs, un marteau, une ceinture

Dans la Gylfaginning, la partie de l’Edda de Snorri où le roi Gylfi interroge les dieux, Thor voyage sur un char tiré par deux boucs, Tanngrisnir et Tanngnjóstr. Un soir, il s’arrête chez un paysan. Il tue ses boucs, les fait cuire et partage le repas avec la famille. Puis il étend les peaux et bénit les os avec son marteau. Au matin, les boucs se relèvent. L’un d’eux boite, car Thjálfi, le fils du paysan, avait brisé un os pour en sucer la moelle. Thor, furieux, prend en compensation les deux enfants de la maison, Thjálfi et Röskva, qui le suivent désormais.

Le marteau Mjöllnir revient toujours dans la main de Thor après le lancer. La tradition l’associe aussi aux éclairs. Pour tenir son manche court, Thor porte des gants de fer. Sa ceinture magique augmente encore sa force.

Les géants et le serpent

Les géants sont souvent les adversaires de Thor, même si les relations entre dieux et Jötnar ne se résument pas à une hostilité uniforme, comme le montre la géante Járnsaxa, mère de son fils Magni. Snorri cite parmi les victimes du dieu Hrungnir, Geirrödr et Thrívaldi. Dans la Hymiskviða, un poème de l’Edda poétique, Thor part pêcher avec le géant Hymir. Il prend une tête de bœuf pour appât et ramène au bout de la ligne Jörmungand, le serpent qui entoure Midgard. Le serpent finit par s’échapper.

Leur duel se termine à Ragnarök, la bataille de la fin du monde. Dans la Gylfaginning, Snorri raconte que Thor tue le serpent, recule de neuf pas, puis tombe, empoisonné par son venin.

Que signifie le marteau de Thor ?

Mjöllnir est d’abord une arme. Il sert aussi à consacrer. Dans la Þrymskviða, le géant Thrym a volé le marteau et réclame la déesse Freyja en échange. Thor se déguise en mariée, et Loki l’accompagne en servante. Au moment de la noce, le géant fait apporter le marteau pour bénir la fiancée. Thor le reprend aussitôt et frappe les géants.

Ce rôle de bénédiction se retrouve sur la pierre. De nombreuses inscriptions runiques se terminent par la formule « que Thor consacre ces runes », qui place le texte sous la protection du dieu. À l’époque viking, on portait aussi autour du cou de petits pendentifs-marteaux. Personne ne sait s’ils protégeaient, marquaient une appartenance, ou faisaient les deux.

Un dieu de tous les jours, connu avant les Eddas

Vers la fin du Ier siècle, l’historien romain Tacite décrit dans sa Germanie la religion des peuples germaniques. Les Romains pratiquaient l’interpretatio romana : ils donnaient à un dieu étranger le nom du dieu romain qui lui ressemblait. Pour Thor, cela donne Jupiter ou Hercule. Les historiens y reconnaissent souvent Thor sous le nom d’Hercule chez Tacite, ce qui reste une interprétation.

À l’époque viking, les noms de personnes contenant Þórr se multiplient, alors qu’on n’en connaît aucun avant. Les noms de lieux sont tout aussi fréquents. Certains historiens y voient, comme dans les pendentifs, une réponse défiante à la christianisation. C’est une hypothèse.

Au XIe siècle, le chroniqueur Adam de Brême décrit le grand temple d’Uppsala, en Suède, et y place Thor à la place d’honneur.

Pour l’historienne des religions Hilda Ellis Davidson, ce culte touchait la maison, les biens et le bien-être de la famille et de la communauté. Il comprenait la fécondité des champs. Thor n’est donc pas seulement un dieu de guerre.

Attesté ou inventé ?

Le statut de ce que l’on dit de Thor, en un coup d’œil.

Ce que l’on avanceStatut
Les aventures de Thor (Hymiskviða, Þrymskviða, Gylfaginning)Attesté, mais mis par écrit au XIIIe siècle
Un nom commun à tout le monde germaniqueAttesté
Noms de personnes de l’époque viking, pendentifs-marteaux, inscriptions runiques invoquant ThorAttesté
Thor sous les traits d’Hercule ou de Jupiter chez les RomainsInterprétation des historiens
Noms et pendentifs comme défi au christianismeHypothèse
Thor patron des forgeronsSouvent répété, sans texte ancien précis
Culte actuel dans le HeathenryModerne

Le Heathenry est un néopaganisme moderne qui renoue avec le culte des dieux germaniques, Thor compris. Les mythes, eux, ont été redécouverts à l’époque romantique, dès le XVIIIe siècle.

Questions fréquentes

Quel est l’autre nom de Thor ?

Les textes lui donnent de nombreux noms. Le plus courant est Asa-Thor (Ása-Þórr), « Thor des Ases », surtout dans la Gylfaginning. Il s’appelle aussi Aka-Thor, de aka, « conduire », un nom qui convient à un dieu qui conduit un char.

Qui sont Thor et Loki dans la mythologie nordique ?

Loki est un dieu rusé qui accompagne Thor dans plusieurs récits, comme la Þrymskviða. Les textes ne font pas de lui son frère, contrairement aux films de la série Marvel. Loki a sa propre histoire, qui dépasse ces voyages communs.

Thor est-il le dieu le plus important ?

Cela dépend de la source. Dans les textes, Odin reste le souverain des dieux. Dans le culte, Thor paraît le plus populaire, à en juger par ses noms de personnes, de lieux et sa place à Uppsala.

Mise à jour le 18 octobre 2026. Qui est Maël ?