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Runes Hagalaz : signification, nom et poèmes runiques de la rune de la grêle

Les trois poèmes runiques ne disent de Hagalaz que la grêle : un grain blanc qui fond en eau, le plus froid des grains, un grésil. Aucun n’y voit une destruction cosmique.

Un grain blanc tombe de la voûte du ciel, tourbillonne dans les rafales, puis fond en eau. C’est à peu près tout ce que le poème runique anglo-saxon raconte de Hagalaz (ᚺ). Le nom veut dire « grêle » et la rune note le son h. Les deux autres poèmes médiévaux ajoutent le froid et le grésil. Le reste, tempête qui purifie ou renaissance après la ruine, vient de livres modernes que cette page remet à leur place.

Un nom qui veut dire « grêle »

Aucun texte ne donne le nom le plus ancien de la rune. Les savants le reconstruisent sous la forme *Hagalaz, ou *haglaz, en proto-germanique, la langue commune dont descendent l’allemand, l’anglais et les langues scandinaves. L’astérisque signale une forme reconstruite, qu’aucun texte ne livre.

Cette reconstruction s’appuie sur des noms attestés : hægl en anglo-saxon, hagall en vieux norrois, la langue des Scandinaves du Moyen Âge, et hagal en vieux saxon. Le gotique apporte un témoin de plus. Un manuscrit de Vienne, le Codex Vindobonensis 795, donne à la lettre h de l’alphabet gotique le nom haal, que les spécialistes restituent en hagl. Partout, le mot désigne la grêle.

À l’origine, la rune notait le son [h] ou [x]. Ce second son est proche du ch de l’allemand « Bach ».

Neuvième rune, première de sa famille

L’alphabet runique s’appelle futhark, d’après ses six premières lettres, ᚠ ᚢ ᚦ ᚨ ᚱ ᚲ, qui se lisent f, u, th, a, r, k. Le futhark ancien compte 24 signes et sert du IIe au VIIIe siècle. Le futhark récent, celui de l’époque viking, n’en garde que 16. Vous trouverez les 24 runes du premier dans une page à part.

Ces 24 signes forment trois ætts, mot norrois qui veut dire « famille », de huit runes chacune. La deuxième ætt porte le nom de sa première rune, Hagalaz, et se poursuit avec Naudiz, Isaz, Jera, Eihwaz, Perthro, Algiz et Sowilo. Hagalaz est donc la neuvième rune. Elle suit Wunjo, dernière de la première famille, et précède Naudiz.

Une barre ou deux

Dans le futhark ancien, Hagalaz s’écrit de deux façons. La rune simplement barrée ᚺ a une barre entre deux traits verticaux, la rune doublement barrée ᚻ en a deux. Les inscriptions scandinaves n’emploient que la première, celles du continent la seconde.

Les plus anciennes inscriptions du futhorc, version du futhark employée par les Anglo-Saxons et les Frisons, suivent le modèle scandinave. À partir du VIIe siècle, la double barre l’emporte. On la voit sur un solidus, une pièce d’or, trouvé à Harlingen aux Pays-Bas et daté d’environ 575-625. On la voit aussi dans le monogramme du Christ gravé sur le cercueil de saint Cuthbert, un saint anglo-saxon.

Dans le futhark récent, la rune prend la forme ᚼ et s’appelle hagall. Les runes notent des sons, si bien que Hagalaz n’apparaît pas dans tout prénom qui s’écrit avec un h. Dans Henri, le h est muet en français et la rune n’y figure pas. L’outil pour écrire son prénom en runes suit cette logique, selon l’alphabet choisi.

Ce que disent les trois poèmes runiques

Les poèmes runiques sont trois courts textes médiévaux qui passent les runes en revue, chacune avec son nom et quelques mots d’explication. L’un est anglo-saxon, les deux autres sont norvégien et islandais. Les strophes ci-dessous suivent l’édition de Bruce Dickins, Runic and Heroic Poems of the Old Teutonic Peoples (Cambridge University Press, 1915), dans une traduction française de Norrois.

Le ton change d’un poème à l’autre. L’anglo-saxon suit le grain dans le ciel puis dans l’eau et raconte une petite histoire. Le norvégien s’en tient au froid. L’islandais ajoute une « maladie des serpents », formule que le poème n’explique pas.

Le poème norvégien mentionne le Christ, sans lien exprimé avec la grêle. Ces strophes sont chrétiennes et bien postérieures aux premières runes. Ce que le nom évoquait pour ceux qui les gravaient, on l’ignore.

Attesté ou inventé ?

Les poèmes ne parlent que de météo. Tout ce qui s’y ajoute vient plus tard.

Hagalaz dans les poèmes runiques et dans les livres modernes
ÉlémentDans les poèmes médiévauxDans les livres modernes
GrêleAttestée dans les troisReprise
FroidNorvégien et islandaisReprise
FonteAnglo-saxonDevient « transformation »
Tempête, destructionAbsentes ; des rafales dans l’anglo-saxonFureur qui déracine tout
Hel, loutre, cigogne, élémentsAbsentsAssociations récentes
Purification, « énergies »AbsentesAjoutées par les auteurs de guides

La divination par les runes est une pratique moderne, née au XXe siècle. Tacite, historien romain, décrit dans la Germanie (chapitre 10) un tirage de baguettes marquées de signes. Il ne dit pas que ce sont des runes.

Utiliser Hagalaz aujourd’hui

Dans un tirage moderne, Hagalaz se lit comme la perturbation qui tombe sans prévenir, puis passe. Cette lecture prolonge l’image de la fonte du poème anglo-saxon, sans que les textes anciens la formulent.

Elle s’applique à des situations ordinaires : une panne de voiture un lundi matin, un rendez-vous annulé à la dernière minute, un message qui bouscule votre semaine. La question à vous poser est simple. Quel imprévu vous bouscule, et que deviendra-t-il une fois fondu ?

C’est un outil de réflexion, qui ne prédit rien. Le tirage des runes du site affiche, pour chaque rune, la strophe médiévale correspondante. Vous voyez ainsi où s’arrête le texte et où commence l’interprétation.

Questions fréquentes

Hagalaz a-t-elle une position inversée ?

Les poèmes runiques ne mentionnent aucune position de ce genre. L’idée de lecture inversée appartient à la divination moderne, pratique du XXe siècle.

Mise à jour le 18 octobre 2026. Qui est Maël ?