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Hall of Odin : la halle d’Odin dans les sources nordiques

Dans les sources anciennes, la halle d’Odin est le Valhalla. Les valkyries y servent les guerriers morts, et deux corbeaux informent le dieu.

Dans les textes anciens, la halle d’Odin s’appelle le Valhalla (Valhöll en vieux norrois), la grande demeure où le dieu rassemble les guerriers morts au combat. « Odin’s Hall » est en revanche l’enseigne d’une boutique en ligne, un nom moderne qu’aucune strophe ni aucune saga n’a porté.

Valhöll, la halle des morts du champ de bataille

Le nom se décompose sans mystère : valr désigne les morts couchés sur le champ de bataille, höll la halle. Le Valhalla est le palais où les guerriers tombés deviennent des einherjar. Ce mot vieux norrois se traduit par « ceux qui constituent une armée » ou par « ceux qui combattent seul à seul ».

Une journée d’einherji

Combien sont-ils ?

« Cinq cents portes et quarante, je crois, sont à la Valhöll ; huit cents guerriers sortent par chaque porte », dit Odin dans le Grímnismál.

540 portes × 800 guerriers = 432 000

En vieux norrois, le mot hundrað désignait souvent un « grand cent » de 120. Lu ainsi, le poème donne 640 portes et 960 guerriers par porte, soit 614 400 combattants. Le texte ne dit pas lequel des deux comptes il veut dire.

Une journée à la Valhöll

  1. Les guerriers s’arment et sortent dans la cour de la halle pour combattre.

    Vafþrúðnismál 41 ; Gylfaginning 41

  2. Ils se battent et s’entretuent, chaque jour, pour s’entraîner à la dernière bataille.

    Gylfaginning 41

  3. Les morts se relèvent, remontent à cheval et reviennent à la halle, réconciliés.

    Vafþrúðnismál 41

  4. Le cuisinier fait bouillir le sanglier Sæhrímnir, qui redevient entier chaque soir. L’hydromel coule des pis de la chèvre Heiðrún, et les valkyries le servent. Odin, lui, ne mange pas : il donne sa viande à ses deux loups et ne boit que du vin.

    Grímnismál 18, 19, 25, 36

Les valkyries, qui conduisent et qui servent

Ce sont les valkyries qui amènent les morts jusqu’à la halle. Le mot vient du vieux norrois valkyrja, de valr et de kjósa, « choisir » : « celle qui choisit les morts ». Dans la Völuspá, un poème de l’Edda poétique, la voyante qui parle à Odin les voit arriver de loin, strophe 30, prêtes à chevaucher vers le royaume des dieux. Elle en nomme six.

Le passage le plus vivant se trouve dans les Grímnismál, un autre poème de l’Edda poétique, où Odin parle sous le nom de Grímnir. Il est torturé, affamé, assoiffé. S’adressant au jeune Agnar, il souhaite que les valkyries Hrist et Mist lui portent une corne à boire. Puis il en cite onze autres, qui « apportent de la bière aux einherjar ». Voici quelques-unes de ces femmes, avec le sens que l’on donne à leur nom.

Quelques valkyries des Grímnismál et le sens proposé de leur nom
NomSens proposé
Hrist« celle qui secoue »
Mist« nuage »
Skeggjöld« âge de la hache »
Hlökk« bruit » ou « bataille »
Göll« tumulte »
Randgríð« trêve des boucliers »

La plupart de ces noms parlent de fracas et d’armes. Les femmes qui remplissent les cornes dans la halle portent donc des noms de champ de bataille. Les valkyries sont aussi destinées à combattre aux côtés d’Odin lors du Ragnarök, la fin du monde.

Hugin et Munin, les informateurs du dieu

Autour d’Odin volent deux corbeaux. Huginn vient de hugr, « pensée » ou « esprit ». Muninn vient de munr, que l’on rend par « mémoire ». Dans les Grímnismál, strophe 20, Grímnir dit qu’ils survolent chaque jour Midgard, le monde des humains. Il craint qu’Huginn ne revienne pas, et plus encore pour Muninn.

Snorri Sturluson raconte la scène dans le Gylfaginning, un livre de son Edda en prose. Au chapitre 38, les deux oiseaux se posent sur les épaules d’Odin. Ils lui disent à l’oreille ce qu’ils ont vu et entendu en volant à travers les mondes depuis l’aube.

Snorri en tire l’explication de deux surnoms du dieu : Hrafnaguð, « dieu aux corbeaux », et Hrafnáss, « Ase aux corbeaux » (les Ases sont la famille des dieux d’Odin).

L’Ynglinga saga, dans la Heimskringla, raconte Odin comme un chef humain. Au chapitre 7, elle dit qu’il avait deux corbeaux, qu’il leur donna la parole et qu’ils lui rapportaient des nouvelles de tout le pays. Il devint ainsi très savant. Un vers anonyme, cité dans le Troisième Traité grammatical compilé au XIIIe siècle par Óláfr Þórðarson, précise leur gibier. Huginn cherche les pendus, Muninn les corps des tués.

Attesté ou inventé ?

Les chevaux ailés. On imagine souvent les valkyries sur des chevaux ailés, casque en tête. Cette image vient de l’art moderne. Dans les sources, la monture de la valkyrie se dit par une kenning, une image de la poésie des scaldes (les poètes de cour), ici une périphrase qui désigne le loup. La pierre de Rök, une pierre runique suédoise, en témoigne. Les textes lient aussi les valkyries à d’autres animaux. Dans l’Helgakviða Hundingsbana II, la valkyrie Kára vole au-dessus de son héros comme un cygne. Aucune source ne parle de chevaux ailés.

Les corbeaux guides. Dans le jeu Valheim, Hugin donne des conseils aux joueurs. Dans les textes anciens, les corbeaux rapportent des nouvelles à Odin, et aucun ne guide des voyageurs. On les retrouve aussi dans le roman American Gods, de Neil Gaiman. Dans la série Vikings, ils apparaissent aux moments importants de la vie de Ragnar Lothbrok.

Questions fréquentes

Qui est le dieu Odin ?

Dans les sources, Odin est le maître des dieux Ases. Il se déguise volontiers, par exemple en Grímnir. Les poèmes lui donnent deux loups, Geri et Freki, en plus de ses deux corbeaux.

Pourquoi Odin craint-il davantage pour Muninn ?

La strophe 20 des Grímnismál ne donne aucune raison. Toute explication reste une hypothèse de lecteur.

Mise à jour le 19 octobre 2026. Qui est Maël ?